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Cattery Health: The Screening Protocol Every Cat Breeder Should Follow

Santé de la chatterie : le protocole de dépistage que tout éleveur félin devrait suivre

Une chatterie bien gérée repose sur un équilibre fragile : plusieurs reproducteurs et de jeunes chatons évoluent dans un espace partagé, ce qui, sans protocole sanitaire rigoureux, crée un terrain particulièrement favorable à la propagation rapide de maladies infectieuses. Contrairement à un chat vivant seul, la densité et la proximité en collectivité féline amplifient chaque risque sanitaire, d'où l'importance d'un dépistage structuré, à chaque étape du cycle de reproduction.

Cet article s'appuie sur les recommandations de l'American Association of Feline Practitioners (AAFP), de l'European Advisory Board on Cat Diseases (ABCD), et de publications vétérinaires revues par les pairs.

1. Avant la reproduction : le statut rétroviral, une priorité non négociable

FeLV et FIV : ce que recommandent les lignes directrices vétérinaires de référence

Les lignes directrices 2020 de l'AAFP sur les rétrovirus félins, publiées dans le Journal of Feline Medicine and Surgery, sont sans ambiguïté sur ce point : seuls des chats en bonne santé et au statut rétroviral connu devraient être utilisés pour la reproduction, et le statut FeLV/FIV de tous les chats d'une chatterie (reproducteurs ou non) devrait être documenté.

Le protocole recommandé par l'AAFP pour une chatterie est précis :

  • Tester l'ensemble des chats avec un test rapide combiné FeLV/FIV lors de la première mise en place du dépistage
  • Retester les chats négatifs au minimum 60 jours plus tard, afin de détecter d'éventuels faux négatifs liés à une infection récente non encore détectable
  • Retirer immédiatement tout chat infecté de la chatterie
  • Appliquer ce même protocole à tout nouveau chat introduit, ainsi qu'aux femelles envoyées à l'extérieur pour une saillie

Les recommandations de l'AAFP précisent également qu'une transmission verticale du FIV (de la mère aux chatons) a été démontrée expérimentalement, bien qu'elle semble rare en conditions naturelles, un argument suffisant pour exclure de la reproduction toute femelle infectée par le FIV, et envisager sa stérilisation si son état de santé le permet.

Pourquoi le délai de 60 jours est important : un chat récemment exposé peut présenter un résultat faussement négatif si testé trop tôt après l'exposition, le temps que l'infection devienne détectable. Ce protocole en deux temps, plutôt qu'un test unique, réduit significativement ce risque, un point essentiel pour toute chatterie qui introduit régulièrement de nouveaux animaux (saillies extérieures, acquisitions, expositions).

2. Un facteur de risque à ne pas sous-estimer : les circonstances propres à la chatterie

Les lignes directrices AAFP identifient explicitement plusieurs pratiques d'élevage qui facilitent la transmission des maladies infectieuses, y compris rétrovirales :

  • La vie en groupe et le mélange de chatons avec des chats plus âgés
  • Le contact rapproché entre chats lors de l'accouplement
  • L'introduction de nouveaux chats dans la chatterie
  • L'envoi de femelles vers d'autres chatteries pour la reproduction

Chacune de ces circonstances justifie une vigilance renforcée plutôt qu'une confiance excessive dans le statut sanitaire apparent d'un animal.

3. Protéger les chatons dès la naissance : le rôle du colostrum

Comme chez le chiot, le chaton naît avec des réserves immunitaires très limitées. La revue scientifique Nutritional and Functional Properties of Colostrum in Puppies and Kittens (Satyaraj et al., 2013, publiée dans Animals) souligne que durant les deux premières semaines de vie, chatons et chiots sont particulièrement exposés à la déshydratation, à l'hypothermie, à l'hypoglycémie, et aux maladies infectieuses, le colostrum jouant un rôle central en apportant à la fois les immunoglobulines nécessaires à l'immunité passive et les apports énergétiques essentiels à la survie néonatale.

Recommandation pratique : s'assurer que chaque chaton tète efficacement dans les toutes premières heures suivant la naissance reste l'un des gestes préventifs les plus déterminants, avant même tout protocole de dépistage ultérieur.

4. Les maladies infectieuses à surveiller en chatterie

Le typhus du chat (panleucopénie féline)

Causée par le parvovirus félin, c'est l'une des maladies les plus contagieuses et potentiellement mortelles chez le chat, en particulier chez les chatons non ou incompletement vaccinés. Un test rapide de dépistage de la panleucopénie féline (FPV Ag) permet un résultat en quelques minutes à partir des selles, sans attendre un envoi en laboratoire. Le virus est extrêmement résistant dans l'environnement, ce qui en fait un risque de contamination croisée majeur en collectivité féline : un seul cas peut nécessiter un protocole de désinfection complet et un vide sanitaire avant réintroduction d'animaux non immunisés.

Le coryza du chat : FHV-1 et FCV

Le complexe du coryza félin regroupe principalement deux virus, l'herpèsvirus félin de type 1 (FHV-1) et le calicivirus félin (FCV). Point important pour un éleveur : après une première infection à FHV-1, le virus reste latent à vie chez la majorité des chats, avec des réactivations possibles lors de périodes de stress, la mise bas étant justement l'une des situations les plus propices à une réactivation chez une reproductrice apparemment saine, exposant directement sa portée.

FCoV et le risque de PIF

Le coronavirus félin (FCoV) est extrêmement répandu en collectivité féline, transmis principalement par voie féco-orale via les bacs à litière partagés. Dans l'immense majorité des cas, il provoque une forme intestinale bénigne. Le risque, documenté dans la littérature vétérinaire de référence de l'ABCD, réside dans une mutation individuelle et imprévisible pouvant conduire à la péritonite infectieuse féline (PIF), une maladie grave dont le diagnostic nécessite une évaluation clinique complète, un simple test antigénique sur selles ne permettant pas de la diagnostiquer à lui seul.

La giardiose féline

Ce parasite intestinal, fréquent en collectivité, peut être porté sans symptôme visible, avec une excrétion souvent intermittente des kystes, d'où l'intérêt d'un dépistage réactif de la giardiose féline (FGia Ag) dès les premiers signes digestifs plutôt que de se fier à la seule observation clinique.

5. Construire un protocole sanitaire de chatterie cohérent

En synthèse, un protocole de dépistage rigoureux pour une chatterie responsable s'articule autour de quatre axes :

  1. Statut rétroviral connu pour tous les chats : dépistage FeLV/FIV initial, avec retest à 60 jours pour tout animal négatif, conformément aux recommandations AAFP
  2. Surveillance de la prise colostrale dans les premières heures de vie de chaque chaton
  3. Vigilance accrue lors des périodes de stress (mise bas, sevrage, introduction d'un nouvel animal) : périodes propices aux réactivations virales latentes
  4. Dépistage réactif dès l'apparition de signes digestifs, respiratoires ou oculaires, plutôt qu'une simple observation clinique qui peut passer à côté de portages asymptomatiques

Ce protocole s'inscrit en complément, jamais en remplacement, du suivi de votre vétérinaire traitant, mais il constitue la base d'une gestion sanitaire sérieuse, à la hauteur de ce que méritent vos reproducteurs, vos chatons, et leurs futurs adoptants.


Nos tests associés à ce protocole

Étape Test rapide MeLCo-MED
Avant la reproduction Combo FeLV/FIV
Naissance et sevrage Panleucopénie féline / typhus du chat (FPV Ag) · Herpèsvirus félin (FHV-1 Ag) · Calicivirus félin (FCV Ag)
Surveillance générale de la chatterie Coronavirus félin (FCoV Ag) · Giardiose féline (FGia Ag)

Tous nos tests sont réalisables directement en chatterie, sans équipement de laboratoire, avec des résultats en 5 à 15 minutes.


Sources et références

  • Little, S., Levy, J., Hartmann, K., Hofmann-Lehmann, R., Hosie, M., Olah, G., St Denis, K. (2020). 2020 AAFP Feline Retrovirus Testing and Management Guidelines. Journal of Feline Medicine and Surgery.
  • American Association of Feline Practitioners (AAFP) : catvets.com
  • Satyaraj, E. et al. (2013). Nutritional and Functional Properties of Colostrum in Puppies and Kittens. Animals. Consulté via NCBI PMC.
  • European Advisory Board on Cat Diseases (ABCD), ressources sur le FCoV et la PIF
  • Cornell University Feline Health Center

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Tout résultat de test, positif ou négatif, doit être interprété en lien avec votre vétérinaire traitant.

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